Notre entreprise a de nouveau été endeuillée par le décès d’un de nos collègues suite à un accident de travail survenu le 2 Décembre : la chute d’une échelle dite plate forme d’accès en hauteur.
Ce drame comme d’autres, comme de nombreux autres, aurait pu être évité sans la surdité chronique de nos dirigeants qui une fois de plus n’ont pas voulu entendre les alertes de la CGT et d’autres organisations syndicales.
Depuis 2007, la CGT a tout fait pour que les « plateformes d’accès en hauteur» ne voient pas le jour, que ce soit dans les CHSCT d’UI, au CNSHSCT ou dans la commission travaux en hauteur du CNSHSCT.
La CGT n’a eu de cesse de dénoncer la dangerosité de cet « outil ».
Malgré cela, malgré les luttes des techniciens, les avis des inspections du travail, vous avez préféré ne pas arrêter l’utilisation de cet outil qui permettait avant tout de développer le travail en monôme et accroître les gains de productivité.
Notre collègue est donc une nouvelle victime collatérale de choix privilégiant la rentabilité au détriment de la sécurité et des conditions de travail.
Cela est insupportable !
Cette affaire nous rappelle cruellement le droit d’alerte des organisations syndicales du 4 juillet 2007 sur les risques psychosociaux que vous avez balayé d’un revers de main, 2 ans avant que n‘apparaisse au grand jour la réalité de la souffrance au travail qui sévit dans notre entreprise et qui a conduit aux drames que chacun d’entre nous gardera à jamais en mémoire.
N’avez vous rien retenu de vos fautes du passé ?
Vous ne pouvez pas prétendre bien traiter les clients en maltraitant le personnel.
D’après vous que penserait l’usager des conditions dans lesquelles notre collègue est décédé en tentant de rétablir sa ligne ADSL ?
Le 16 décembre, au lendemain de l’accident du 2 décembre vous avez pris la décision tardive de retirer les plates formes polyvalentes, mais vous maintenez les plates formes urbaines qui présentent les mêmes risques. De qui se moque-t-on ! Nous demandons le retrait total y compris pour la sous-traitance de cette génération d’échelle.
La CGT sera plus que vigilante sur le respect de cette directive. Mais au delà nous exigeons le retrait d’UI de tout outil, toute organisation du travail qui porte atteinte à la santé des salariés.
Il semble ainsi que UI excellence avec tous ces outils (Optim, intervenant unique, promesse client salariés) revienne sur le devant de la scène. Vous savez tout le mal que pense la CGT de ces outils qui enferment le personnel dans une organisation, le privant du droit à l’initiative et mettant en danger la santé mentale et physique du personnel.
La CGT revendique le retrait d’UI excellence.
Entre les accidents, la souffrance quotidienne dans les AD, les centres d’appels et autres services, de plus en plus l’on sent revenir au galop le naturel d’une direction obsédée par la réponse aux exigences des actionnaires.
Non les actionnaires ne sont pas les indispensables de l’entreprise, les indispensables sont les salariés : ce sont eux qui produisent la richesse, ce sont eux qui font la réponse aux besoins de la population, eux qui cotisent pour la protection sociale solidaire socle de notre modèle social.
D’un coté la rente de l’autre la vie.
Poursuivre dans votre stratégie financière au détriment de l’investissement, des conditions de travail, de l’emploi et des salaires c’est renvoyer le papier glacé de votre contrat social au rang de mystification.
Choisir la vie c’est changer de finalité pour l’entreprise, c’est rompre avec la politique de redistribution des dividendes, revaloriser le travail pour répondre aux attentes et besoins énormes des populations et du personnel.
Choisir la vie c’est réorienter les 4 milliards annuels dédiés aux actionnaires vers le recrutement massif de CDI, la construction d’un réseau fibre optique sur tout le territoire qui contribue à la relance économique en région. Ne pas le faire c’est emboiter le pas du PDG de Free qui a eu le mérite d’être clair sur le sujet : « ce qui m’intéresse c’est le 4ème arrondissement pas le Cantal ».
Choisir la vie c’est revenir sur votre intention de redistribuer la moitié de la vente d’Orange Suisse aux Actionnaires (800Millions) .
Choisir la vie c’est arrêter de se moquer du personnel avec une prime de 100 €uros bruts pour solde de tout compte de 2011, c’est permettre à chacun et chacune de vivre dignement et de rattraper la perte de pouvoir d’achat accumuler depuis trop d’années. Les négociations salariales doivent s’ouvrir sans attendre sur le sujet.
Dans une de ses allocutions dont il a le secret le président Sarkozy a dit : « la crise actuelle est une opportunité pour faire accepter au peuple ce qu’il n’aurait jamais accepté dans d’autres circonstances ».
Choisir la Vie c’est pour le gouvernement comme pour les directions d’entreprises rompre avec des choix qui entretiennent la crise actuelle et servent de prétexte aux reculs sociaux.
La CGT est consciente que ce n’est pas avec la qualité des arguments des organisations syndicales que nous allons convaincre la direction :
Les luttes de ces dernières semaines sur la PVV dans les AD à Paris, les victoires sur le retour de la conduite d’activité à Avignon, l’embauche en CDI des CDD d’Avignon après plusieurs années de luttes, nous montrent de ce point de vue l’efficacité du rapport de force en la matière.
Tout comme la direction devrait être consciente que ce n’est pas à l’épaisseur des dossiers présentés ni à la fréquence des réunions qu’elle va convaincre la CGT de ses bonnes intentions en matière de dialogue social.
Depuis que cette instance CCUES existe, elle a été utilisée par la direction comme une chambre d’enregistrement des restructurations qui ont défilé, au mépris du rôle fondamental des IRP prévu par le code du travail. Restructurations qui pour beaucoup sont la traduction concrètes des choix que nous combattons et qui sont à l’origine du mal être persistant et de la crise.
Malgré les protestations de la CGT, les initiatives unitaires pour vous contraindre de respecter les élus et cette instance beaucoup restent à faire pour donner au CCUES le rôle qui devrait être le sien dans le cadre de l’activité syndicale en général.
Dans ce cadre la CGT pense que la fréquence actuelle des réunions du CCUES est une entrave à la volonté des élus et des commissions de travailler correctement avec le temps et les moyens nécessaires, les dossiers qui sont présentés.
La CGT est disponible pour prendre au sein du CCUES toutes les responsabilités que lui ont conféré les salariés au travers de leur vote ; elle y est prête dans la mesure ou chacune des Organisations syndicales les plus représentatives prennent les leurs. La crise, ses conséquences, les solutions pour en sortir sont autant d’enjeux qui font partie intégrante de la vie de l’entreprise pour les semaines et les mois qui viennent.
Il ne pourra donc pas y avoir d’un coté les OS qui prennent leurs responsabilités, celles qui s’intronisent arbitre et comptent les points, et celles qui restent à l’affut s’intronisant inspecteurs des travaux finis dès que les élections approchent.
Pour ne pas laisser les affaires du monde aux mains du monde des affaires il y aura besoin au cotés des salariés d’organisations syndicales engagées, et unies sur l’essentiel pour défendre et imposer à l’entreprise des choix dans l’intérêt des salariés.



