29 janvier: La Poste doit entendre les facteurs

Réorganisations + Facteur d’Avenir : La Poste doit entendre les facteurs !

Des chiffres révélateurs

La réduction des effectifs, la suppression du volant de remplacement, génèrent une dégradation des conditions de travail, de la santé du personnel.

La Poste le reconnaît elle même, à travers une étude sur le sujet : les absences pour maladie au courrier augmentent depuis 2006 (19 jours) pour atteindre en 2008 plus de 21 jours en moyenne par agent. Des absences que la Poste veut combler par un auto-remplacement de plus en plus soutenu. Une situation qui aggrave encore plus les conditions de travail et accroît les problèmes de santé.

La Poste et le gouvernement en rajoutent

La Poste se sert déjà du volet temps de travail de la loi du 20 août 2008, rejetée par toutes les organisations syndicales car il aggrave les conditions de travail et de vie. Elle tente même d’outrepasser le texte, notamment sur le délai de prévenance de changement d’horaires de travail qui peut être imposé aux personnels. Il est au minimum de sept jours aujourd’hui, la Poste voudrait le réduire à néant.

Sur des sites, (en Picardie, dans les Bouches du Rhône,…) la Poste a proposé ou propose en toute illégalité un délai de prévenance de sept jours assorti d’une clause exceptionnelle d’urgence y compris pour les temps partiels choisis.

Autre exemple, dans le Morbihan où des facteurs ont fait 48 heures par semaine par le biais de la sécabilité sans heure sup. et avec la prime remise en cause.

La Poste tente de flexibiliser les effectifs, de supprimer le volant de remplacement. Cette stratégie est la réponse de notre exploitant aux problèmes posés par les absences inopinées. Il s’agit en fait de faire des gains de productivité pour mieux privatiser.

Pour la CGT, qui a combattu et continue de combattre le volet temps de travail de la loi du 20 août 2008, le délai de prévenance doit disparaître des accords et il doit être notifié sa non application.

Pour des négociations loyales et sincères

Dans le cadre des réorganisations du travail, liées à facteur d’avenir, trop souvent, La Poste ignore son obligation légale de dénonciation préalable des accords existants. En effet, un accord d’organisation de travail, pour être modifié, doit d’abord être dénoncé avec un préavis de trois mois, dès lors une période de négociation, pouvant aller jusqu’à douze mois, s’ouvre.

D’autre part, la Poste ne peut pas substituer arbitrairement à un accord existant, un autre texte qui n’aurait reçu l’aval d’aucune organisation syndicale, sachant que les nouvelles règles de représentativité conditionneront bientôt la validité d’un accord à la signature d’organisations représentant au moins 30 % du personnel.

Pour n’avoir pas respecté ces points, lors de ré-organisations au sein des établissements de St Jean de Brave – Trainou CDIS et de Meug sur Loire CDIS, La Poste a été condamnée en référé par le Tribunal de Grande Instance du Loiret à maintenir les régimes de travail en vigueur. Et sur les établissements de Pithiviers et Ferrières, sur le même département, de rétablir une organisation de travail conforme à l’existant.

Par ailleurs, la Poste se doit de répondre aux revendications apportées lors des négociations. Une obligation qu’elle néglige.

Assez de parodie du dialogue social

« Les principes du dialogue social : permettre aux personnels de participer aux orientations et aux évolutions de la Poste par l’intermédiaire de leurs représentants signifie tout à la fois informer, pratiquer la concertation, consulter et négocier en vue de conclure des accords ».

Ces mots n’ont pas été écrits par la CGT mais par la Poste dans le chapitre premier du bulletin des ressources humaines du 11 juillet 2006, sur l’application de l’accord du dialogue social du 21 juin 2004.

Dans les faits, La Poste ne respecte pas ses propres textes et d’une façon générale impose unilatéralement sa méthode tant sur la forme que sur le fond.

En ce qui concerne le dossier «  facteur d’avenir », jamais la Poste n’a engagé de négociation nationale sur la déclinaison du volet organisationnel. Tout comme elle s’est abstenue de toute négociation au niveau des DOTC.

D’autres choix sont possibles

La CGT exige l’ouverture de négociations sur les normes et cadences. Une exigence qui sera mieux entendue si elle est portée par l’ensemble des personnels. Nous demandons que soient pris en compte :

  • la réalité et la pénibilité du travail par le rétablissement de la retraite à 55 ans à taux plein et 150 €uros d’augmentation immédiate.
  • le II.1 comme grade de base.
  • la limitation des travaux extérieurs à 3 heures 30.
  • le volant à 25 % et la création d’emploi d’EAR …
  • le partage des gains de productivité réalisé par les TTF, CHM, MTB, MTP, …
  • le format et le poids du courrier avec la mise place d’un coefficient en fonction de la taille et du poids du produit.
  • la prise en compte de la PNA dans la charge de travail partout où elle est distribuée.
  • la particularité des gauchers travaillant avec des CHM.
  • le nouveau mode de réexpédition (étiquette rouge).
  • d’une réelle reconnaissance des travaux de bout en bout de la chaîne d’activité : arrivée, boulisterie, TG, décasage, coupage/piquage, réexpédition, rebuts, prise en charge des OS, chargement.
  • un samedi sur deux de repos.
  • l’intégration d’un temps de restauration.
  • reconnaissance de la poly-activité dans les PPDC, service arrière et distri.
  • maintien du TG dans les bureaux.

Lutter contre facteur d’avenir, c’est lutter contre la privatisation. Tous en grève et en manif unitaire le 29 janvier 2008 avec les salariés des autres professions !