Contester, revendiquer, se syndiquer, un droit pour tous les postiers !

La période que nous vivons à La Poste est marquée par de fortes évolutions :

Évolution du statut, bien entendu.

Évolution des organisations.

Pour mener à bien leurs objectifs, les dirigeants de La Poste ont visiblement décidé de s’affranchir de nombreuses règles gérant les relations sociales comme le code du travail, le statut de la Fonction Publique ou les règles de dialogue social à La Poste.

Le corollaire à cette déréglementation que La Poste tente d’imposer, est la répression syndicale.

La Poste voulant avancer au rouleau compresseur, il ne faut pas qu’une tête dépasse.

Les militants syndicaux sont en première ligne, mais pas uniquement, beaucoup de personnel en font les frais et sont sanctionnés, voire licenciés pour les ACO, pour des faits dérisoires voire inexistants.

Un dialogue social en panne

Les relations sociales, La Poste les conçoit trop souvent à sens unique. Des négociations nationales ont été annoncées en janvier 2009 par le Directeur Général (dialogue social, gestion des âges, santé au travail, GPEC). A ce jour une seule est finie, «Gestion des âges» et il n’y a pas eu d’accord ! Pour les autres, ça n’avance pas. Les difficultés perdurent car La Poste, vient avec son «plan d’action» et veut l’imposer aux organisations syndicales.

Les conditions pour qu’il y ait accord, ayant changé (il faut dorénavant que les organisations syndicales signataires représentent 30 % des suffrages), la CGT considère que ces nouvelles règles sont un point d’appui pour aller vers des accords véritablement majoritaires.

La Poste ne peut plus se satisfaire d’accords minoritaires et en rester à cette posture de vouloir négocier que sur la base de son cahier revendicatif patronal. Elle doit prendre en compte les propositions des organisations syndicales.

La CGT n’entend pas renier son rôle d’organisation syndicale, celle de l’expression des attentes et des revendications du personnel.

Ce qui est vécu au niveau local est identique à ce qui est vécu nationalement et même démultiplié par le nombre de directions.

Les règles des relations sociales bafouées

Autre particularité de la période, c’est le nombre de directions locales, voire nationales qui s’affranchissent des règles instituant les relations sociales, que ce soit les textes RH, le code du travail, l’accord du 21 juin 2004.

Ainsi par exemple les directions du Courrier et de l’Enseigne ont édicté des règles pour les congés d’été différentes du BRH nationalremettant en cause le droit à congés choisis, sans consultation et sans remise en cause officielle des règles nationales.

Au courrier, les facteurs travaillent souvent au delà de leur DHT ou DJT sans percevoir d’heures supplémentaires.

La DTC (Direction Technique du Courrier), la DSEM (Direction Support Exploitation et Maintenance) font passer un dossier de réorganisation en CTP, sans que l’organisation des territoires et les effectifs y afférant soient définis.

Les DOTC et DTELP font passer les dossiers de réorganisation à la chaine en CHS CT et CTP bien souvent sans qu’il y ait eu négociations préalables véritables.

Ces manquements ne peuvent être uniquement des initiatives malheureuses de managers quand la hiérarchie, informée, ne réagit pas.

Une répression syndicale de plus en plus féroce

Depuis quelques mois la CGT observe une augmentation des attaques vis à vis de ses militants. Elle n’est d’ailleurs pas la seule.

A Marseille ce sont des militants qui sont licenciés pour certains et pour d’autres menacés. Leur seule faute : avoir mené les luttes dans leur service. La Poste ne leur reconnaissant pas le statut de salarié protégé.

A Nice, les militants et postiers en grève ont reçu des assignations qui ont été abandonnées suite à la lutte.

Dans le Gers, ce sont les principaux responsables de la CGT, qui sont menacés de sanctions pour l’un et de licenciement pour l’autre. A Bobigny CTC, le secrétaire de section est écarté des réunions.

Leur tort : avoir formulé dans les réunions avec le personnel, leur avis sur le comportement des responsables de La Poste.

Dans toutes les luttes, La Poste cherche à criminaliser l’action syndicale, et envoie l’huissier avant toutes réunions de négociation.

De plus, quand il n’y a pas eu d’accord il n’est plus rare de voir des encadrants de La Poste prendre la parole dans les services et mettre en accusation les organisations syndicales non signataires. Si la CGT est souvent non-signataire, c’est que les propositions de La Poste n’apportent rien pour le personnel.

La CGT dénonce cette attitude revancharde de la direction qui n’a pas réussi à faire adopter tout ce qu’elle souhaitait dans la loi de changement de statut et d’ouverture du capital. Elle voudrait accélérer le processus de privatisation et réprimer tous ceux qui résistent à ses choix.

Pour le droit de contester, de revendiquer, de se syndiquer

La CGT n’a jamais et ne laissera jamais La Poste remettre en cause tous les droits et garanties du personnel, qu’ils soient issus du statut des fonctionnaires, du code du travail ou de la convention commune.

Elle est intervenue auprès du Président de La Poste.

Elle lance une campagne de pétitions car ces questions concernent tous les postiers quelque soit leur appartenance ou non à la CGT.

Signons massivement la pétition

  • L’ouverture immédiate de négociations sur les revendications des postiers à tous les niveaux,
  • L’arrêt de toute forme de pression et intimidation envers les personnels,
  • L’arrêt de la répression et des sanctions envers les militants syndicaux,
  • Le rétablissement dans leurs droits, voire leur réintégration pour les salariés, des militants déjà concernés,
  • L’instauration d’un véritable dialogue social et l’amélioration du droit et des moyens syndicaux permettant aux organisations syndicales de mieux jouer leur rôle de défense des intérêts des salariés.