Déclaration préalable à la CDSP du 31 mai 2010

Après avoir réinventé le courrier, La Poste va t-elle réinventer le dialogue social ?

Dans ce cas, elle va devoir ouvrir un immense chantier : tout d’abord, faire évoluer les pratiques au niveau des managers, car comme les réorganisations, beaucoup de théories et peu de réalisation.

Pour La CGT FAPT 74, le dialogue se fait à partir d’une réelle volonté d’écoute et de négociation  et  de prises en compte des revendications. Elles doivent aussi se faire sur les propositions des organisations syndicales et pas uniquement sur celles de La Poste.
Rien n’est « non négociable ».

La CGT FAPT réaffirme une nouvelle fois son profond désaccord sur la conception du dialogue social de la direction du courrier et de La Poste de manière générale.

Ce n’est pas notre conception du dialogue social qui doit avoir pour but l’amélioration des conditions de travail et de vie du personnel et pour cela nous nous appuyons sur leurs revendications et non  de la simple information comme vous le concevez en méprisant ainsi les organisations syndicales et l’ensemble des agents. Le dialogue ca se fait à deux. Vous cherchez à faire des organisations syndicales des relais de votre stratégie.

Ce sont bien les choix stratégiques de la Poste avec les restructurations néfastes tant sur l’emploi que sur les conditions de vie et de travail de tout le personnel, qui en sont la cause.

Votre conception de l’avenir avec votre dossier « 2015 Réinventons le Courrier » est basée sur un catastrophisme ambiant et va accentuer la flexibilité dans les organisations avec des milliers de suppressions d’emplois.
La Poste nous parle de plus de proximité, plus d’écoute, et dans le même temps la Poste veut supprimer les  CHSCT locaux, La Poste n’est pas à une contradiction prête.

La Poste nous parle également de réduire de 20 % les coûts, l’absentéisme et les arrêts de travail  alors que ce sont les nouvelles organisations, votre stratégie qui génère plus de maladies et plus d’accidents.

La CGT a des propositions revendicatives, et non une liste de course,  sur :

Vie privée / vie professionnelle :

Pour la CGT, on peut discuter de tout mais pour qu’il y ait fondamentalement des avancées dans la vie professionnelle et privée des postiers, il y a besoin d’agir sur :

  • l’organisation du travail,
  • les normes et cadences,
  • l’emploi en nombre et en qualité – les moyens,
  • la formation – la reconnaissance des qualifications

D’ores et déjà des signes peuvent être donnés.

Congés : revenir « stricto-sensu » au BRH, arrêt des restrictions de congés,

ASA pour évènements familiaux, il faut qu’elle soit de droit.

Congé maladie : arrêt des contrôles, les malades ne sont ni des voleurs, ni des criminels.

Discipline, les CAP-CCP ne doivent pas être un outil de gestion des effectifs (licenciements, révocations).

Des moyens véritables pour la restauration (collective quand c’est possible, augmentation du ticket restaurant et arrêt des restrictions pour les autres).

Concernant la santé :

Les indicateurs sont au rouge (nombre d’agents inaptes, accident de travail avec arrêt, maladies professionnelles, nombre de jours d’arrêt maladie…), et pourtant La Poste continue de vouloir supprimer les CHS-CT locaux, c’est inadmissible.

Pour la CGT, rien ne changera si La Poste n’écoute pas :

  • les médecins de prévention
  • les CHS-CT
  • les organisations syndicales et le personnel
  • les ergonomes

La CGT demande aussi que La Poste s’implique dans les discussions en cours sur la retraite pour la reconnaissance de la pénibilité.

Concernant les inaptitudes :

Un accord existe, mais il n’est pas appliqué. Les licenciements des ACOS et les mises en retraites pour invalidité des fonctionnaires doivent cesser.

Une véritable prévention devrait faire baisser les inaptitudes dans le futur.

Concernant la vie de l’équipe :

Il faut que La Poste cesse d’opposer les personnels entre eux, dans les promotions, les objectifs, les primes.
La CGT exige de la direction de La Poste qu’elle réponde à ces revendications et ouvre immédiatement des négociations.

Concernant  la réunion d’aujourd’hui, et, notamment sur la qualité de service, par votre courrier du 28 mai, vous stigmatisez les postiers sur une situation que vous-même avez provoquée :

  • la restructuration des services arrière.
  • le déclenchement de la sécabilité, des semaines bleues, à la hussarde.
  • une journée de doublure pour des contrats CDD à 32h, 35h alors que les tournées sont au-delà, facteur est un métier, le personnel embauché doit être formé, la qualité à également un coût. La fatigue à un coût, les accidents ont un coût.

Les mauvaises décisions, même dogmatiques ont un coût.

De plus, la préoccupation de La Poste S.A c’est la rentabilité et la réduction de sa masse salariale, n’a-t-elle pas envisagée l’abandon du J+1 quelque semaine après son changement de statut ?

En novembre 2008, la DOTC évoquait déjà une baisse de qualité, la restructuration du relevage des BAL, ayant été avancé, les restructurations, notamment la mise en place de la PIC de St Priest ayant eu une part dans cette situation, mais pour l’essentiel les postiers qui ne connaissent pas leur métier, ni leur fiche de poste.

Fin mai 2010, nouveau courrier à destination des agents, même dénis qu’en 2008, les nouvelles organisations, les restructurations des services arrières, les nouvelle sécabilités (semaines bleues) imposées depuis juin 2009, sans aucunes concertations : c’est-à-dire sans que cela figure dans les accords locaux signés ou non, comment croyez-vous que les agents ont réagi à la lecture de votre lettre.

Les agents de mon service m’ont demandé de vous transmettre leurs ressentiments :

ils ont le sentiment que l’on se moque d’eux, qu’ils ne travaillent plus pour le contrat d’origine : non reconnaissance de leur travail, abandon de la mission du service public, notamment du fait que la DOTC fait de la rétention de courrier, du fait que les dépassements horaires ne sont pas pris en compte, même s’il y a eu paiement de quelques heures à la marge, le ressentiment reste.

Voila pour l’essentiel, à l’heure où La Poste évoque le dossier  « équilibre vie professionnelle et vie personnelle », nous espérons que la DOTC prendra en compte ces revendications, car si elle les considéraient comme une liste de course ou d’un catalogue, la « bataille » comme vous l’avez mentionné dans votre lettre, se gagne avec des troupes fraîches, motivées et considérées.