Déclaration préalable CGT au CE DT CE 17 février 2010

La souffrance de l’un de nos collègues de Dijon s’est traduite, jeudi dernier, par un nouveau drame. C’est le cinquième collègue à avoir décidé de mettre fin à ses jours depuis ce début d’année.

Plus proche de nous, la tentative de suicide de 2 de nos collègues sur Clermont-Ferrand et sur Bourg en Bresse montrent qu’il ne suffit pas de décréter que le FT de demain ne sera plus le même que celui d’hier pour que les collègues aillent mieux comme par magie.

Parce que le mal est très profond, il est urgent que la direction, à tous les niveaux, passe des paroles aux actes sans fuir ses responsabilités.

C’est dans ce contexte, que la CGT dénonce l’attitude insupportable et intolérable de la direction qui se défausse sur l’IGAS pour reconnaitre ou pas le suicide de notre collègue Jean-Paul Rouanet en accident de service.

Vous nous avez accusés, Madame la directrice, d’être de mauvaise foi et de manipuler nos collègues, quand nous avons fait signé la pétition unitaire demandant la reconnaissance immédiate du suicide de JP Roaunet en accident de service. Sous-entendant, que ce serait chose faite le 9 mars prochain.

Que se passera-t-il si d’aventure l’Inspection Générale des Affaires Sociales ne reconnaissait pas le suicide de notre collègue en Accident de Service ?

Quelle sera votre décision, Madame ?

Suivrez-vous cet avis ou déciderez-vous de reconnaitre malgré tout ce suicide en Accident de service ?

En vous défaussant sur l’IGAS, vous avez une position bien confortable ; S’il n’ y avait pas reconnaissance, vous pourrez toujours dire que ce n’est pas de votre responsabilité ;

Trop facile ! comme trop facile pour vous et le directeur de l’AE RAA de ne pas assister au CHSCT de l’AVSC Alpes du 11 février avec la restitution de l’expertise SECAFI.

Votre attitude est irresponsable , insupportable et irrespectueuse pour nos collègues.

Dernier épisode en date concernant la négation de la souffrance des salariés de France Telecom, celui de la commande d’un film auprès de Serge Moati : au préalable il y a eu briefing des agents leur enjoignant de donner une image plus positive de France Telecom.

Les propos de Stéphane Richard, dans l’entretien accordé au cinéaste, sont également révélateurs de l’état d’esprit de la direction au plus haut niveau :

Je le cite « Il faut que ça soit dans la feuille de route des dirigeants de l’entreprise une

priorité de tout mettre en oeuvre pour que l’environnement professionnel que nous fournissons à nos salariés ne soit plus une cause de désespoir. Ça peut être une cause de souffrance, il faut pouvoir la traiter. Une cause de désespoir, ce n’est pas acceptable »

On comprend mieux le contenu de la formation dispensée aux élus CHSCT concernant les risques psycho-sociaux : Si on peut trouver positive l’intiative d’une formation sur les risques psycho-sociaux, la CGT est beaucoup plus réticente sur le contenu de celle qui a été dispensée aux élus CHSCT de la DT Centre Est. En effet, à aucun moment, on ne parle de prévention primaire, d’organisation du travail ; Cette formation ne parle que d’accompagnement des personnes en souffrrance !

Rappelons que plusieurs CHSCT avaient demandé à voir la formation qui avait été dispensée aux managers.

Au lieu de cela l’employeur prétend former lui-même les élus.

Au nom de quelle compétence ? Celle des 35 suicides en 2008/2009 ? Celle des 5 depuis le début de l’année ? Celle du cabinet intervenant dans cette « formation » qui travaille pour France Telecom depuis 2008 avec le succès que l’on a pu constater ?

Aujourd’hui, la CGT vous le dit : l’entreprise n’est plus en position de pouvoir nier la réalité de la souffrance psychologique, les attentes et les revendications de son personnel.

Alors au lieu de se borner à accompagner les collègues en souffrance par le biais de cellules d’écoute, il est impératif que la direction, et la DT Centre Est en particulier, présente des propositions concrètes d’une autre organisation du travail, propre à remettre le salarié au cœur des préoccupations de l’entreprise.

Il a fallu la triple pression des personnels, des Organisations Syndicales et des médias pour qu’enfin, début septembre 2009, la direction générale prenne l’engagement de faire en sorte que le FT de décembre ne soit plus celui de septembre. Depuis,

  • L’expertise Technologia s’est tenue, plus de 80% des personne s’y sont exprimés.
  • Les assises de la refondation sociale ont eu lieu : là encore le personnel a largement exprimé ses besoins et ses attentes.
  • Des négociations nationales sont en cours, sur certains groupes (mobilité et équilibre vie privée/ vie professionnelle), des projets d’accords avec des engagements concrets vont être soumis à la signature.

Dans l’entretien accordé à Serge Moati, Stéphane Richard reconnait que les conséquences des fermetures de services et/ou de sites en terme de coût humain ont été sous-estimées .

Il y a urgence et obligation pour la Direction, de concrétiser ses engagements sans attendre, ceux-ci demeurant pour l’heure au rang de simples déclarations de bonnes intentions :

  • L’emploi doit redevenir la priorité dans les négociations d’autant plus avec la mise en place du Temps Partiel Séniors
  • Il y a besoin d’actes forts des directions locales pour que le changement sur le fond annoncé par la direction générale devienne perceptible au quotidien sur le terrain
  • Les engagements pris en direction des actionnaires doivent être revus à la baisse.
  • Tout ce qui est générateur de stress doit être revu ou banni (challenges, écoutes, objectif, …).
  • Le management doit évoluer et être basé sur la confiance.
  • La prévention primaire doit être la priorité
  • L’entreprise doit faire des efforts particuliers envers les salariés déjà en souffrance pour qu’ils ne basculent pas dans le désespoir.

Il y a maintenant plus d’un mois, le DRH du Groupe déclarait – et le réaffirme à chaque réunion pleinière des négociations nationales- que le temps des négociations locales était venu. Pourtant les négociations peinent à s’engager, les Directions Territoriales continuent à donner leurs ordres aux directions d’établissement (la CGT vous rappelle les négociations sur le télétravail de l’UI Alpes qui ont été brutalement interrompues) et ne semblent toujours pas disposer à donner les marges de manœuvres nécessaires à convertir les bonnes intentions en actes concrets.

La CGT exige que la Direction Territoriale donne des directives claires aux DUO pour que les négociations avancent positivement pour les salariés dans les unités.