Grand succès de la journée d’action sur les astreintes

Malgré les pressions inadmissibles, les pré désignations et les désignations dans certains services (de deux à six fois le nombre d’agents prévus pour l’astreinte) et les menaces de sanctions, le 6 décembre le personnel est une fois de plus massivement dans l’action contre un projet liberticide de France Télécom. Ils étaient des milliers, techniciens, experts et cadres, à refuser en masse, par la grève, la mise en place de la décision unilatérale de FT sur les astreintes.

Après les 3000 signatures déposées lors du simulacre de négociation nationale, après la grève du 7 septembre où plus de 800 grévistes sur 4500 avaient déjà été comptabilisés, après la puissante mobilisation du 4 octobre, le 6 décembre marque une étape nouvelle pour imposer, après la dénonciation par France Telecom de la note de 82, une véritable négociation sur la base des revendications portées par l’ensemble des syndicats.

Les premiers chiffres de grévistes (à 11 H 00) : GI Rouen 100%, GI Evreux 100%, GI Dieppe, 92%, GI Caen 79%, GI Manche 100%, GI Orne 100%, GI Chambéry 83%, GI Albertville 100%, GI Annecy 92%, GI Nord Isère 77%, GI Bellegarde 91%, GI Grenoble1 88%, GI Grenoble2 100%, Agen 92%, Libourne 100%, Bergerac 100%, Périgueux 85%, GI Marmande-Langon 100%, Mérignac 100%, Bordeaux CUB 75%, Bayonne 100%, Pau 100% Dax Mont de Marsan 100%, GI Nantes et agglomération 80%, URS Nantes (PEMS) 76%, Quimper 80%, Côtes d’Armor Trans 100%, GI Aix 100%, CIL Marseille 50%, Montauban 100%, Cahors 100%, Albi 100%, Castres, 100%, Clermont Ferrand 100%, Allier 100%, Cantal 100%, etc.

Le traitement de ce dossier par la direction de France Télécom illustre de manière éclatante sa volonté de se saisir de tous les sujets pour renforcer partout l’exploitation des salariés et faire des économies de gestion sur le dos des personnels, pour dégager toujours plus de profits au service des seuls actionnaires.

Il s’agit ici de détruire les acquis de 25 ans sur un élément qui touche une liberté fondamentale pourtant garantie par la Constitution et les textes européens : la liberté d’aller et de venir.

En effet, malgré les manipulations des directions visant à le rassurer, le personnel concerné a bien compris que si cette note était appliquée, ce serait :

  • La déconnexion de la référence au salaire et à une référence horaire de la compensation du temps d’attente, par la mise en place d’un forfait rigide et non modifiable, au moment même où le gouvernement parle de déplafonner les heures supplémentaires.
  • La fin du volontariat, avec l’obligation faite à tous les agents d’un service d’entrer dans le tour d’astreinte, ou bien de quitter le service.
  • La mise à la charge des agents des 11 heures obligatoires de repos qui suivent une intervention de nuit, chevauchant une période de travail. Cela signifie que plus ils seront intervenus de nuit et plus les personnels risquent de devoir du temps de travail « effectif » à leur employeur à la fin de leur astreinte : un comble !
  • La fin du libre choix d’être rendu en heures ou payé, avec l’obligation d’avoir au minimum la moitié du temps d’attente payé. Notons, de plus, que les heures supplémentaires sont toujours payées à un taux inférieur à celui du salaire.
  • Le saucissonnage de la période d’astreinte (1/2 nuits, 1/2 week-ends..), signifiera une plus grande fréquence des périodes d’astreinte ou un élargissement des zones d’intervention. A une époque où l’on veut renforcer la responsabilité parentale, la gestion de la vie familiale deviendra ingérable.
  • L’élargissement des zones d’intervention à des secteurs inconnus des agents d’astreinte, qui pourront être éloignés de 10 à 200 Km, dégradera la sécurité.

L’annonce de FT de répercuter l’amende de 534 millions d’Euros (à propos de l’entente entre opérateurs), pour faire baisser la participation des salariés du groupe, est également à rajouter comme une nouvelle provocation.

Pour toutes ces raisons, la CGT appelle le personnel à se réunir dès demain dans chaque service pour décider des formes les plus adaptées pour poursuivre l’action.