L’emploi des seniors : des mesures pour les entreprises plutôt qu’en faveur des salariés âgés

La Cgt ne souscrit pas au « plan national concerté en faveur de l’emploi des seniors » présenté le 6 février 2006 par Gérard Larcher au nom du gouvernement. Le chômage et la mise à l’écart des salariés de plus de 50 ans par les entreprises, justifient une action publique déterminée. Ce qui nous est proposé n’est pas à la dimension du problème. Plusieurs mesures reprennent par ailleurs la philosophie libérale qui a conduit le gouvernement à décider du CNE et du CPE.

Certes, le plan qui devrait être consacré par le Premier Ministre lors d’une « Conférence nationale » début mars, reprend un certain nombre de pistes proposées par la Cgt. C’est le cas en matière d’amélioration des conditions de travail, de développement de la formation professionnelle et de retour à l’emploi. Mais, en l’état, il s’agit plus d’intentions et de préconisations que de mesures effectives. Tout se jouera dans l’éventuelle application.

En revanche, ce plan comporte plusieurs décisions qui s’avéreront dangereuses notamment dans un contexte de chômage élevé. Ce sont toutes les dispositions qui vont inciter les salariés à prolonger leur activité au-delà de l’acquisition de leurs droits à une retraite à taux plein : le cumul emploi-retraite est élargi, la surcote de 3 % par année supplémentaire sera accrue, la retraite progressive permettra d’additionner retraite et travail à temps partiel… Pour la Cgt, la priorité est l’accès à l’emploi des 5 millions de salariés qui ont aujourd’hui entre 50 et 60 ans.

Le gouvernement suit le Medef et crée un contrat à durée déterminée renouvelable pour les salariés de plus de 57 ans, au chômage : une sorte de Contrat dernière embauche par symétrie avec le CPE. Le gouvernement fait un cadeau de 600 millions d’euros aux entreprises en mettant en extinction la contribution Delalande que payaient les employeurs s’ils licenciaient des salariés de plus de 50 ans. Le gouvernement sans attendre le résultat des études demandées, entend enfin multiplier les systèmes de « portage salarial » au prétexte qu’ils pourraient être adaptés aux besoins des seniors.

Au final, ce qui domine ce sont des mesures de déréglementation du contrat de travail et d’effacement progressif du repère que constitue l’âge de la retraite. Plus que des dispositifs pour les seniors, le gouvernement consacre une nouvelle fois des mesures en faveur des entreprises sans aucune garantie quant au nombre d’emplois susceptibles d’être créés.