Santé au travail, des droits à conquérir

C’est officiel ! Le stress au travail existe bel et bien, il devient une maladie professionnelle et parfois il tue. Xavier Bertrand, ministre du travail a, le 12 mars dernier, officialisé la nouvelle. Les média ont immédiatement répercuté et propagé la nouvelle.

Renault, Peugeot, mais aussi La Poste et France Telecom sont dans l’œil du cyclone. Des salariés de ces entreprises se suicident, parfois sur leur lieu de travail.

Le slogan « travailler plus pour gagner plus » est en plein dérapage. Devra-t-il être remplacé par : « travailler plus, c’est stresser plus, c’est altérer sa santé »

C’est le travail lui-même qui est malade, lui qu’il faut soigner, et pas seulement les gens.

L’Institut de veille sanitaire (INVS) s’alarme. Les spécialistes affirment que, dans sa forme chronique, le stress affaiblit le système immunitaire.

En 2007, face à l’ampleur de la crise, le ministère du travail s’est vu contraint de créer de nouvelles catégories : les «  travailleurs de force », les «  travailleurs contraints », les « obligés du public », les « plus exposés ».

Il faut de toute urgence reconquérir le travail, lui rendre sa valeur centrale d’émancipation, se rappeler qu’il conditionne la relation entre l’individu et la société.

Oui, c’est à ce niveau que les salariés et leurs organisations syndicales portent leurs exigences.

Ils veulent obtenir des droits et garanties qui valorisent et sécurisent le travail. Ils veulent gagner des droits démocratiques qui leurs permettent d’intervenir sur les stratégies de gestion et sur l’organisation du travail.

De telles exigences percutent de plein fouet les stratégies patronales qui ne voient dans le travail qu’un coût à réduire et qui font de toutes les questions liées au travail leur chasse gardée. Il suffit de constater, comme tous les observateurs économiques, que la part des richesses produites consacrée à la rémunération du travail baisse dans les mêmes proportions que la rente distribuée aux actionnaires augmente. C’est bien cette pression permanente sur le monde du travail qui est le cœur de la crise actuelle, dite financière, mais qui touche au fondement même du système économique.

Notons au passage que les entreprises les plus montrées du doigt sont soit cotées au CAC 40, soit reconnues comme des poids lourds de l’économie française

Cette stratégie patronale provoque des dégâts humains considérables et notamment à France Telecom. Les média s’en sont font régulièrement l’écho.

En développant cette stratégie, les dirigeants de France Telecom alimentent l’insécurité au travail qui mine la société toute entière. Mais une telle stratégie a aussi pour effet de renforcer l’exigence de droits individuels garantis collectivement. Une exigence qui rencontre de plus en plus souvent les propositions de la CGT d’une sécurité sociale professionnelle et d’un nouveau statut du travail salarié.

C’est à cette exigence que sont confrontés le MEDEF , le gouvernement, les dirigeants de France Télécom.

Contester le droit de grève, le droit de manifester, de revendiquer , de s’exprimer sont, la plupart du temps les seules réponses qu’ils apportent face aux luttes convergentes des salariés qui se développent dans les services, dans les entreprises, dans le pays et au delà de nos frontières .

La nature des enjeux, la question vitale de la santé au travail appellent des débats d’une autre nature, des réponses autres que la répression ou les tentatives dérisoires consistant à nier ou dissimuler la réalité qui remonte des services de France Telecom.

Il ne suffit plus aujourd’hui « d’écouter »…Il faut entendre ! Et pour entendre il est urgent de créer l’espace d’une vraie négociation qui associe l’ensemble des acteurs : les salariés, leurs organisations syndicales, les médecins du travail et toutes celles et tous ceux qui ont à cœur de contribuer à faire du travail un vecteur d’émancipation des hommes et de femmes.

Pour ce faire il faut renoncer définitivement à faire des Institutions Représentatives du Personnel un simple « outil de management » tel que tentent de l’imposer les dirigeants de France Telecom.

Il est nécessaire et urgent, pour les salariés, de conforter un rapport de force puissant sur l’ensemble de ces questions.

La CGT s’y emploie. Elle a des propositions qui sont à confronter avec le vécu et la réflexion des salariés. La CGT peut-être l’un des outils pour gagner des droits et des garanties qui fassent du travail un facteur d’épanouissement de chaque homme et chaque femme.

Donnez vous de la force en vous syndiquant nombreux et faire que cet outil permette à toutes et tous de gagner un véritable droit à la santé au travail.