Déclaration préalable au CE DTCE du 12 février 2009

Il ne fait aucun doute que la journée de mobilisation unitaire interprofessionnelle du 29 janvier organisée à l’initiative de tous les syndicats de salariés s’est traduite par une très large participation aux grèves dans de nombreux secteurs professionnels et par des manifestations d’une rare ampleur, avec plus de 2 millions de manifestants dans toute la France dont de nombreux télécommunicants, notamment dans le groupe France Télécom avec 50 000 grévistes soit plus de 40% du personnel.

La mobilisation a été forte dans tous les métiers, techniques, commercial, recherche, centres d’appels, services support….avec des services en grève de 40 à 100%.

Touchés par une crise économique et financière dont ils ne sont en rien responsables, les salariés refusent d’en être les premières victimes, et se sont exprimés ensemble pour que gouvernement et patronat répondent à leurs revendications.

On regrettera d’ailleurs le refus de France Télécom de nous fournir les chiffres de grévistes par unité et par service comme cela existait auparavant. C’est un autre facteur d’inégalité dans le dialogue social.

La crise ne doit pas être un nouveau prétexte pour poursuivre restructurations, redéploiement, externalisations des activités et les délocalisations, toujours au profit de la rémunération des actionnaires.

Dans le même temps, les salariés ont confirmé, le 22 janvier, par un vote massif leur confiance dans les Organisations syndicales et dans la CGT, en lui conservant sans conteste, malgré un léger recul, sa place de première organisation syndicale.

Ceci est encore plus vrai pour les instances de proximité que sont les délégués du personnel.

Face à un gouvernement qui entend la rue (entouré de nombreuses forces de police), mais ne l’écoute pas, la mobilisation doit se poursuivre dans la même unité afin de montrer la détermination de tous et de chacun à porter haut les revendications légitimes d’amélioration du pouvoir d’achat (revalorisation des salaires et l’octroi d’un 13ème mois, et non pas intéressement ou la participation et autre PVV pour solde de tout compte), facteur évident de relance économique par la consommation, de défense d’une protection sociale de haut niveau, de maintien et de développement des services publics.

A ce propos on notera que les seuls salariés de France Télécom, pourtant Multinationale du CAC 40, se sont massivement mobilisés pour porter secours aux sinistrés du Sud-Ouest. La chose semble normale, et pourtant où sont les techniciens des autres opérateurs ?

Par ailleurs des informations nous parviennent du Sud-Ouest, indiquant que la situation de dégradation du réseau est d’une extrême gravité, et ce ne sont pas des semaines mais des mois voire des années qui seront nécessaire pour rétablir la situation.

Avec quels personnels ? L’utilisation abusive des heures supplémentaires a ses limites.

A France Télécom, ce sont les salariés qui paient la note, au travers des plans de crise à répétition amenant au travail supplémentaire obligatoire de plus en plus systématique, au travers de redéploiements forcés et de baisse des effectifs, qui tendent la corde de la paix sociale chaque jour davantage fragilisée.

Sur la DT Centre-Est l’hémorragie est patente : De 8476 en 2007, on passe en 2009 à 7220 ETP !

Il y a lieu de réglementer la sphère financière et mettre un terme à la spéculation dévoreuse insatiables des avancées sociales durement acquises, par les luttes, tout au long du siècle dernier : la durée du temps de travail, le travail du dimanche, le respect des IRP pourtant renforcées en 1982 par la loi Auroux, et qui n’est plus aujourd’hui qu’une mascarade dans toutes les grandes entreprises comme France Télécom, ainsi qu’ on a pu le voir au long des 2 dernières années.

Les IRP dont rêve la Direction, avec un syndicalisme d’élus vont à l’encontre des intérêts des salariés.

FT va tenter d’entraîner les Organisations Syndicales dans la mise en place de CHSCT d’unités, méprisant la nécessaire et indispensable proximité de cette instance.

La CGT s’y opposera, parce que ce syndicalisme immobilise les élus et mandatés des salariés et de leur revendications. La CGT proposera des CHSCT au plus près des salariés, tout en restant pragmatique, mais saura cependant s’appuyer sur les autorités compétentes en la matière

Il faut respecter les instances, respecter les salariés, respecter le travail, bref respecter l’humain. Porte-parole indéfectible d’un dogme du profit sans concession, vous refusez de le faire.

Jusqu’à quand ?

Les salariés ont massivement montré leur exaspération le 29 janvier, et massivement voté le 22, signe de leur confiance dans les IRP. La CGT sera en pointe pour mobiliser un mouvement social d’ampleur, durable et porteur des revendications légitimes.

La direction de FT et celle de la DT Centre-Est aurait tort de continuer indéfiniment à l’ignorer.

Comme elle le fait au niveau national, la CGT appelle d’ores et déjà les autres organisations syndicales de la DT Centre Est à la construction d’un puissant 19 Mars.