Déclaration préalable au CE du 23 septembre 2008

Cette réunion ordinaire du CE de la DT Centre Est coïncide avec l’appel unitaire de toutes les organisations syndicales, de nombreux partis politiques et autres associations impliquées dans la vie publique, à une journée d’actions et de grève unitaire sur tout le territoire, contre la privatisation de La Poste.

La fédération CGT des activités postales et de Télécommunications est particulièrement concernée. Début Juillet, M. BAILLY, Président de La Poste annonçait réfléchir à une ouverture du capital de La Poste pour, disait-il, affronter la nouvelle donne du marché dans ce domaine. L’ouverture du capital lui semblait alors la seule orientation possible !

C’est un air bien connu de tous les salariés de France Télécom, chanté en son temps par Michel Bon, PDG enthousiaste et auteur des frasques boursières que l’on connait, et qui eurent pour résultat la dette abyssale de France Télécom que l’on connait et que l’on éponge encore aujourd’hui.

France Télécom a été, depuis lors, et reste plus que jamais un grand laboratoire de la privatisation des services publics. En 1997, lors de l’ouverture du capital, les citoyens autant que les salariés de France Télécom se sont laissé bercer par le mirage de l’actionnariat et de ses bienfaits, par le développement de la concurrence, source promise de baisse des prix et de stimulation de la qualité de service, autant que par la promesse des gouvernements successifs de droite comme de gauche, de toujours conserver la majorité du capital.

On sait ce qu’il en est aujourd’hui : Si pour les dirigeants de l’entreprise, ce laboratoire permet de voir en grandeur réelle jusqu’où pouvoir aller trop loin, les salariés, quant à eux, ont pu voir la disparition de quelques 70 000 emplois, la mise en place d’une politique de coercition managériale sans précédent, assujettie de restructurations permanentes, génératrices de dégradations inacceptables des conditions de vie et de travail des salariés.

Pour les usagers, la condamnation confirmée des 3 opérateurs de téléphonie mobile pour entente illicite, a montré que la baisse des prix était un leurre, et l’on a pu constater une facture client multipliée par 7, la suppression et l’éloignement des services d’accueil physique et de proximité, remplacés par des centres d’appels installés aussi loin que le Maroc ou la Tunisie.

Les limites du supportable sont franchies aujourd’hui avec le projet du ministère de la Justice de mettre en place une activité des centres d’appels dans les centres de détention à Rennes et dans le Pas de Calais, avec des activités de prise de rendez-vous et de renseignement !

On observe là une nouvelle stratégie scandaleuse pour abaisser le coût du travail, en allant encore plus loin que l’externalisation et la délocalisation « traditionnelles avec des salaires pouvant descendre jusqu’à 40% du SMIC, et aucun droit ni moyen de se défendre ! À Webcan, prestataire retenu pour la prison de Rennes, la direction refuse de répondre favorablement aux revendications de la CGT concernant la rémunération, les conditions de travail, ni même une promesse d’embauche pour aller véritablement vers la réinsertion des détenus !

Le gouvernement en place copie honteusement, en l’espèce, l’idéologie Américaine, où, depuis de nombreuses années déjà, l’opérateur historique AT&T utilise cette pratique de main d’œuvre carcérale, source d’exploitation et de non-droit.

On remarque, encore et toujours, cette tentation quasi systématique de l’ultralibéralisme de copier le pire…

L’été a vu une forte mobilisation des usagers et personnels de La Poste ainsi que des élus…Plus de 12000 signatures dans notre région. Plus de 145 000 au niveau national en augmentation constante….

Aujourd’hui un collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives ont crée un Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste. A tel point que Nicolas Sarkozy s’est vu contraint d’annoncer la création d’une commission réunissant élus, usagers et organisations syndicales !

Même si nous ne sommes pas dupes sur les visées du gouvernement et de tous ceux qui lorgnent sur le pactole de La Poste, nous voyons bien que c’est bien la mobilisation générale qui en est à l’origine !

Le dogme de la privatisation à tout crin semble être mis à mal, et ceci dans un contexte, où les faillites d’Enron, l’éclatement de la bulle internet, la crise des « subprimes » obligeant l’état américain à débloquer près de 1000 milliards de dollars d’argent public, indiquent que le capitalisme financier auquel est asservi, entre autre, le Directoire de France Télécom, destructeur de valeur humaine autant que financière, ne rechigne pas toujours sur l’intervention de l’État !

Nous pouvons analyser cette situation comme étant favorable à une remise en cause générale de toutes les privatisations, valorisant notre exigence d’un débat public sur le bilan des privatisations, en commençant, pour ce qui nous concerne, par celle de France Télécom.
N’est ce pas le constat implicite que la voie de la privatisation n’est pas le seule possible ?

A partir de là, il faut envisager et proposer un réel débat public sur « quelles réponses aux besoins des populations en moyens de communication !

Il faut imaginer d’autres réponses et d’autres moyens démocratiques pour apprécier ce que sont les besoins des populations.
Il est impensable que l’on puisse décider de son avenir, de la transformer radicalement sans consulter ses véritables propriétaires, les citoyens !

Sur ce sujet vital, la réflexion et la décision ne peuvent être réservées à tel ou tel cercle, aussi avisé soit-il. Il est légitime que la population, élargissant ainsi les nécessaires mobilisations des postières et des postiers, puisse débattre largement et s’exprimer directement. Si la démocratie c’est la liberté de choisir, encore faut-il que le choix soit possible. Il est juste que les citoyens, propriétaires et usagers des services publics, les élus locaux et le monde associatif et bien sûr les salariés et leurs syndicats puissent défendre leur conception du service public. Ils sont, au-delà de la critique, à même de proposer une voie alternative à celle qu’on cherche à leur imposer au nom d’une prétendue fatalité.

En cette rentrée, le contexte social, au sein de France Télécom est marqué par une dégradation continue des conditions de travail et les suppressions massives d’emplois. Une situation à l’origine de luttes multiples en régions, dans différents métiers exprimant le ras le bol et l’exigence de réponses aux revendications, notamment en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, du maintien et du développement d’activités sur l’ensemble du territoire.

C’est à partir de ces préoccupations très fortes que la CGT, propose avec l’appui des organisations CFDT, SUD et CFE-CGC, de faire du 7 octobre, « journée mondiale pour le travail décent », une journée nationale de mobilisation.

A France Télécom, il faut que cette journée de rentrée soit l’occasion pour les salariés dans les différentes unités, les sites, les départements, et notamment ceux de la DT centre-Est, de réaffirmer l’exigence de :

  • D’emplois stables et de qualité pour toutes et tous
  • Des salaires revalorisés
  • D’amélioration des conditions et de la durée du travail respectant la santé et la dignité des personnes
  • D’une protection sociale de retraite garantie et de haut niveau
  • De services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale

La CGT engage les salariés des établissements de la DT Centre- Est à se mobiliser pour que s’installe un mouvement d’opposition durable à cette politique du toujours plus, toujours plus vite, à tout prix, et qu’enfin les Directions de France Télécom prennent en compte les revendications plus que justifiées portées par l’ensemble du personnel.