Déclaration préalable CGT à la négociation GPEC du 12 09 08

La CGT rappelle que dans toutes les négociations où elle s’engage comme la GPEC, elle le fait avec l’objectif d’obtenir un accord favorable pour les salariés, un accord qu’elle puisse signer comme 80% des accords dans les entreprises.

Malheureusement la première difficulté a été d’obtenir une architecture GPEC, conforme à la loi puisqu’il ne s’agissait au départ que d’un accord de mobilité et d’accompagnement des restructurations. Sur ce dernier point c’est toujours le cas.

Nous considérons qu’en l’état actuel des négociations, ce texte est loin, très loin de correspondre à ce que les salariés attendent. Ce texte n’est pas digne d’un grand groupe.

Il s’agit non pas d’un projet de GPEC mais d’une description des processus de l’entreprise et de ses conséquences dramatiques pour les salariés en terme d’emploi et de conditions de vie et de travail.

Nous rappelons que, pour la CGT, une GPEC c’est, notamment dans un groupe comme FT, qui génère des profits gigantesque et qui est dans un secteur de développement économique durable, de créer les conditions d’une information précise aux salariés, au travers de leurs représentants, sur les intentions de l’entreprise pour les trois prochaines années. Les salariés doivent aussi disposer, au travers de leurs représentants, des moyens de donner leur avis et leurs propositions alternatives éventuelles. C’est ce que la CGT appelle le droit d’intervention.

L’objectif premier de cette GPEC est donc pour la CGT que chaque salarié puisse continuer d’évoluer dans de bonnes conditions dans ce groupe aujourd’hui et demain.

Les 22000 emplois que vous avez supprimé en 3 ans, et les milliers d’autres que vous programmez ne sont pas justifiés.

Après les chiffres annoncés par FT sur la sous-traitance, il est confirmé qu’il y a de la place pour tout le monde dans le groupe. Il y a de la place pour que tout le monde puisse vivre et travailler au pays. Et donc la GPEC doit donc préciser la stratégie de l’entreprise et son impact sur l’emploi jusqu’au niveau des villes, car le niveau régional n’est pas le niveau pertinent d’information des salariés.

Vous nous proposez un texte qui entretien le fatalisme et interdit toutes réflexions et propositions alternatives des salariés pour d’autres choix.

Les salariés d’Aubagne, d’Aurillac, et d’ailleurs, en lutte depuis plusieurs semaines apprécieront le contenu de ce texte en l’état.

Par exemple, la page qui parle de négociations locales, et qui écrit « en cas de fermeture de site la direction pourra ouvrir des négociations locales… qui ne pourront porter que sur les modalités d’accompagnement de la mobilité » est une véritable négation du droit d’expression des salariés et de leurs organisations syndicales.

Ce texte ne serait qu’un cadrage national verrouillant au niveau local la possibilité de contester les propositions de la direction dont de plus en plus de salariés, d’élus et de citoyens affirment la nocivité.
Ce texte concerne FTSA, ORANGE et 34 autres filiales dont le sort n’a à aucun moment été évoqué, mise à part SILICOMP que vous avez exclu du champ de la négociation.

Le texte décline les processus de la direction dans lesquels à aucun moment il n’y a d’échanges de prévus avec les organisations syndicales.
Ce texte entérinerait l’individualisation des relations entre les salariés, les managers (de gré à gré), les RH et les ED et ne prévoit par ailleurs aucune procédure de recours contre les décisions unilatérales de l’entreprise. Comme si nous étions dans un monde où salariés et représentants des patrons seraient à égalité, comme si le lien de subordination n’existait pas.

Bien des éléments structurants pour la GPEC manquent encore dans ce texte même si de petites avancées ont pu être obtenues grâce à l’unité syndicale.

Alors que c’est une demande unanime des organisations syndicales, il n’y a toujours aucune prise en compte, ni visibilité des implications liées aux droits distincts des fonctionnaires et des contractuels. C’est donc la porte ouverte pour la direction à pouvoir tirer vers le bas les garanties de tous. Comme la direction refuse toujours d’indiquer les moyens qui financeront cette GPEC.

Un chapitre de ce texte trahit aussi l’esprit du droit à l’entretien de carrière, obtenu dans la négociation interprofessionnelle, par l’instauration d’un « droit individuel à un projet professionnel pour tous » qui en soi n’est pas contestable, mais qui devient un devoir et un outil redoutable pour culpabiliser les salariés, et les orienter vers l’extérieur de l’entreprise où vers une voie de garage et faire faire le salle boulot par les n+1 qui finiront également par être remercié.

Nous ne comprenons pas que sur 80 pages il n’y ait pas un seul point évoquant la mise en place d’outils permettant de réfléchir à l’amélioration des conditions de travail, qui va de paire avec l’évolution des métiers.

Comme est absente également toute reconnaissance de la pénibilité de certains métiers.

Nous notons que seul le titre d’un chapitre évoque les salaires.

De plus à la dernière séance de négociation vous aviez envisagé d’indiquer que les formations qualifiantes pourraient avoir une reconnaissance financière que nous ne retrouvons pas.

Tous ces points ont fait l’objet de chapitres entiers dans nombres d’autres GPEC, dans d’autres entreprises comparables.

La CGT souhaite que vous preniez la mesure de la déficience du contenu de ce texte et par la même de l’état du dialogue social qui est loin d’être en voie de normalisation.

La direction porte l’entière responsabilité des conditions dans lesquelles se déroulent ces négociations. La CGT réitère ses doutes sur la volonté réelle de la direction d’aboutir à un accord.

La CGT comme d’autres organisations autour de cette table a fait des propositions en phase avec les intérêts des salariés. Vous devez non seulement les entendre mais aussi les écouter. Les négociations ne sont pas terminées.

Montreuil, le 12 septembre 2008