Déclaration préalable de la CGT au CE DTCE du 19 juillet 2007

L’actualité du monde du travail s’est malheureusement encore « enrichie » d’un drame humain, au travers du suicide d’un salarié de Peugeot PSA sur son lieu de travail, le 6ème depuis le début de l’année. L’entreprise avait répondu à ces actes désespérés, en mettant en place des cellules de soutien psychologique. Pendant la guerre en Irak, l’armée américaine avait également mis en place ce genre de structure de soutien psychologique. Faut-il en déduire que la guerre économique menée par les grandes entreprises transnationales et la guerre en général, ont quelque chose en commun ? Ces entreprises continuent, en effet, quel qu’ en soit le prix, leur politique prédatrice, destructrice pour l’emploi et les salariés, et « écoutent » les salariés sacrifiés sur l’autel d’un profit à tout prix, souffrir, quand elles ne les regardent pas mourir.

France Télécom n’échappe pas à la règle : la souffrance au travail a été confirmée par les rapports annuels des médecins du travail, synthétisé par le médecin coordonnateur lors de la réunion du CNSHSCT du 04 Juillet 2007. Les constats sont sans appel, et dénonce sans ambiguïté la responsabilité de l’entreprise. On peut trouver dans le plan de prévention présenté, notamment : la prévention des risques psychosociaux dans les services de vente au téléphone, la prévention du risque agression dans les contacts clients, la prévention du risque auditif dans les centres d’appels et chez les utilisateurs de micro-casques, la participation au reclassement et au maintien dans l’emploi des personnes handicapées ou devenues inaptes, la prévention du risque d’atteinte à la santé lié aux nouvelles organisations de travail.

Les choix financiers opérés par l’entreprise, le poids quasi – dictatorial des actionnaires, avec pour conséquences, l’accélération sans précédent des réorganisations, des pertes brutales de métier, de perpétuelles fermetures de sites, accompagnées de mobilités forcées, de fusions et suppressions d’emplois, et une absence pathologique de communication, de dialogue social, de transparence envers les salariés comme envers les IRP, sont les causes des dommages à la santé physique et mentale décrit par la médecine du travail. On imagine sans peine que la vente des 5% du capital de FT par l’État ne va pas arranger la situation.

En déposant un droit d’alerte, l’ensemble des représentants du personnel et des Organisations Syndicales au CNSHSCT ont voulu donner un signal fort à la direction pour qu’elle prenne les mesures d’urgence face à cette situation, et au personnel, pour qu’il sache que ses souffrances sont prises en compte.
France Télécom doit l’entendre et et répondre aux exigences des salariés concernant le maintien et le développement de l’emploi sur les sites actuels.

L’expérimentation de cellules d’écoute, d’accompagnement ou de médiation comme à la DT Sud ou en Bretagne et bientôt dans la DT Sud Est, est une solution inefficace, comme démontré plus haut, autant qu’inacceptable, et met en exergue le peu de prise en compte de la Direction Générale face à la souffrance au travail.
Sa finalité est de trouver des solutions en dehors du maintien des activités et des emplois, d’accompagner les réorganisations et d’isoler le salarié de toute action collective,quand ce n’est pas le culpabiliser. On propose, en effet au salarié en souffrance de signer un engagement réciproque avec la direction pour être acteur de la solution à trouver !

Cette méthode d’« accompagnement » à l’individu présentée par la DT Sud aux organisations syndicales, est une méthode initialisée par le MEDEF, et utilisée dans plusieurs entreprises.
La CGT a demandé l’arrêt de cette cellule dans sa conception et composition actuelle.
Trop de salariés sont aujourd’hui concernés pour pouvoir régler de manière individuelle les problèmes, dont France Télécom porte l’entière responsabilité. Cela risque une nouvelle fois de pousser à des actes irrémédiables..

Plus que jamais, la lutte des salariés est nécessaire pour faire aboutir leurs revendications et en particulier le maintien des emplois et des activités sur les sites

La CGT a été force de proposition à plusieurs reprises, et encore récemment à Voiron en Isère pour le maintien d’activités et des emplois sur le site, et des accords ont pu être trouvé avec la Direction. Ceci démontre, si besoin était, que l’intérêt des salariés, n’est pas forcement en contradiction avec ceux de l’entreprise, même s’il ne correspond pas forcément à celui des actionnaires. En s’appuyant sur des actions de ce type, la CGT propose de débattre avec ses syndiqués et les salariés des alternatives possibles aux fermetures systématiques de sites. Les Nouvelles Technologies le permettent, par le développement de nouvelles formes de travail, de nouvelles activités, tant pour le commercial que pour les métiers techniques.

En 2000, la commission stress, créée à l’initiative de la CGT a permis d’identifier des stresseurs sur les métiers (techniques, du téléphone, de la vente, chez les cadres) et de proposer des actions.

La CGT propose que le CNSHSCT décide la mise en œuvre d’un plan d’action qui vise à l’application des actions conduites pour limiter les facteurs de stress, sous l’égide du CNSHSCT, et de la commission de coordination technique santé hygiène et condition de travail rattachée aux DT ou DN.

Les salariés ont exprimé le 31 mai leurs revendications par l’action unitaire massive. Ils attendent de la part de France Télécom une autre politique de l’emploi, et l’ouverture de négociations qui répondent enfin à leurs exigences. Des luttes se poursuivent dans plusieurs départements et sites comme à Ales, Vichy, Martigues, Marignane….

Les salariés de Corse viennent de faire la démonstration que la lutte paye, en obtenant, après plusieurs semaines de grève, en autre la création de 8 CDI, et une modération dans la politique déflationniste de l’emploi sur l’ile. Le comportement totalitaire de l’entreprise ne tient que par l’insuffisance des luttes collectives. Néanmoins, elles sont l’alternative au tout pour le profit, au tout pour l’actionnaire, dans une entreprise, où malgré toutes les stratégies mises en place par les dirigeants, l’action FT n’arrive pas à décoller.

La CGT mettra tout en œuvre, avec ses militants et syndiqués, et avec l’ensemble des salariés pour créer les conditions de nouvelles journées d’actions unitaires

Déclaration CGT au CE DTCE du 19 juillet