GPEC FTSA: Le personnel doit intervenir pour son avenir !

La négociation triennale obligatoire de l’accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) en est à sa 5ème séance. Cette négociation est cruciale au regard du vécu quotidien du personnel à France Télécom, Groupe en pleine mutation technologique.
Encadrée juridiquement, elle doit d’abord permettre aux représentants du personnel d’être en capacité d’avoir une visibilité sur la situation stratégique actuelle du Groupe et sur son évolution pour les 3 années à venir.

Ces informations, à ce jour refusées, par la direction sont indispensables pour mettre en place les leviers permettant d’anticiper les incidences des évolutions technologiques sur les métiers, de garantir l’emploi et un véritable parcours professionnel dans l’entreprise pour tous (salaires, formation etc..).

Deux logiques s’affrontent entre une direction d’entreprise cherchant à se libérer des obligations contraignantes entravant sa politique managériale destructrice d’emploi et la CGT qui affirme que chaque salarié doit avoir sa place au sein du Groupe d’aujourd’hui et de demain.
C’est toute la différence entre une gestion prévisionnelle des suppressions d’emplois et une gestion prévisionnelle des emplois.

Un projet d’accord pour l’heure extrêmement dangereux pour le personnel

La direction fait le forcing pour cantonner la négociation à un accord de mobilité sur l’accompagnement financier des futures suppressions d’emplois dans la logique de la décision 46.

Bafouant les règles de la négociation loyale, elle refuse par exemple la demande de la CGT, d’informations précises sur le niveau et l’évolution de la sous-traitance par métier et par zone géographique et sur la localisation des métiers et des emplois.

La direction évoque même « la possibilité d’externalisation de certains domaines, même si ceux-ci sont générateurs de profits, au motif qu’ils n’auraient pas de capacité de développement ou ne seraient pas dans l’essentiel de notre business ».

Qui peut croire que la négociation des seules mesures d’accompagnement financières répondrait durablement aux attentes de maintien des emplois dans le groupe, au maintien des sites et des activités dans toutes les villes ?

A ce stade les propositions de l’entreprise ne garantissent ni maintien du salaire ni poste pérenne à plus de 4 ans pour les cadres.
Elles généraliseraient le traitement individuel des suppressions de poste visant à court-circuiter les représentants du personnel et à remplacer toute garantie collective par des décisions arbitraires dites « managériales ». Elles renverraient à des négociations locales pour les fermetures de sites tout en prévoyant l’interdiction de contester le projet de l’entreprise .

Il s’agit ni plus ni moins d’un accord de méthode destiné à court circuiter les prérogatives des instances représentatives du personnel (CE, CHSCT) imposées à l’entreprise de par la loi.
A ce rythme les négociations pourraient conduire à un accord qui, loin de donner aux salariés les moyens de contester les choix de l’entreprise ou de poursuivre leur carrière au sein de France Télécom dans de bonnes conditions, institutionnaliseraient une gestion des suppressions d’emplois permanentes.

La CGT n’acceptera pas de contribuer à cette inacceptable dérive.

Il est dommageable que toute les Organisations syndicales ne soient pas sur cette démarche. Face à une direction organisée autour de ses objectifs, l’unité des Organisations syndicales doit être sans faille.

La CGT demande que la direction accepte et respecte les règles d’une véritable négociation intégrant aussi les propositions des Organisations syndicales, ce qui pour l’heure n’est pas le cas.

Les suppressions d’emplois ne s’accompagnent pas, elles se combattent !

Les suppressions d’emplois et réorganisations, la dégradation des conditions de vie et de travail, le sentiment réel d’être dessaisi de son activité sans justification ni perspectives, sont devenus insupportables y compris pour les cadres.

Les luttes actuelles témoignent du rejet de plus en fort des restructurations, elles sont la rançon d’une politique d’externalisation des activités qui n’épargne personne pour satisfaire les exigences des actionnaires.

Aucune organisation Syndicale ne peut cautionner cette logique d’autant que le Groupe France Télécom génère profits sur profits.

La négociation GPEC peut permettre d’imposer à l’entreprise d’autres choix respectueux de l’emploi et des salariés à partir d’une autre redistribution et utilisation des richesses produites.

Cela passe par la lutte pour le maintien et le développement en interne des sites et des activités de proximité, la reprise de la sous-traitance, l’arrêt des délocalisations, des concentrations d’activités, et par la revalorisation des salaires et le développement de la formation comme levier pour relever en interne le défi des évolutions.

La CGT en appelle à l’intervention des salariés pour peser sur les négociations et faire entendre leurs revendications en matière d’emploi, d’accès à la formation, de salaires, de conditions et de temps de travail, de pénibilité, de retraite, etc…

Sur toutes ces questions, des luttes unitaires se développent dans de plus en plus de services et métiers. 30% du personnel était en grève le 22 Mai.

La CGT appelle à l’amplification de la mobilisation !

Les salariés du groupe France Télécom ont toutes les raisons de prendre leur place dans la nouvelle journée d’action interprofessionnelle du 17 Juin proposée par la CGT et la CFDT, rejointes d’ores et déjà par Solidaires pour la défense du temps de travail, des retraites et pour l’ensemble des revendications et de décider localement d’initiatives pour faire entendre leur spécificité comme le font leurs collègues de la SNCF, de l’Éducation, des Impôts, EADS etc….

C’est ce dont est porteuse la CGT dans ses contacts avec les Organisations Syndicales de France Télécom pour gagner un appel national unitaire à la grève et aux manifestations comme l’attendent les salariés.

Pour défendre vos droits, pour en gagner de nouveaux :
« syndiquez-vous efficace »