Orange Suisse : une bien mauvaise affaire !

La presse relate que France Télécom vient de céder pour 1,6 milliards d’euros sa filiale helvétique à un fond d’investissement « Apax Parners ». C’est en dessous de ce qu’il escomptait (entre 2 et 2,5 milliards).

Mais surtout la Suisse a la particularité d’être un pays qui a rejeté la privatisation totale de l’opérateur historique. Dans ce contexte, les opérateurs alternatifs sont simplement tolérés et ont des difficultés à assurer leur croissance, la régulation européenne ne s’appliquant que partiellement dans ce pays non adhérant de l’union européenne.

Dans un marché très mature, avec un revenu par abonné déjà très élevé, et la construction d’un réseau sous monopole national en fibre optique, l’aventure en Suisse a coûté très cher à France Télécom.

Achat en 2000 pour environ 3 milliards d’euros, une acquisition complémentaire pour 175 M€ en 2002 et le rachat d’action d’OCH à EON pour 950 M€ en 2002 ! Par ailleurs, en 2002, il y a eu 872 Millions d’euros de dépréciations (goodwill)

C’est déjà ce qui avait conduit la CGT à s’opposer à l’achat puis a la fusion avec l’opérateur Sunrise. (Opération qui a été refusée par le régulateur Suisse qui, lui, protège son opérateur historique !).

Aucune information n’a été donnée sur l’avenir des salariés d’Orange Suisse. La CGT fera tout pour que le personnel n’ai pas à subir les conséquences de cette opération purement financière.

Par ailleurs, la CGT est totalement opposée à ce que 800 millions sur les 1,6 milliards soient consacrés à une nouvelle redistribution pour les actionnaires et ce, sous quelques formes que ce soit y compris des rachats d’actions. Car cet argent ne doit pas aller à la spéculation qui alimente la crise mais doit servir à relancer la consommation (emploi, salaire, baisse des tarifs…)