Salaire minimum pour les facteurs en Allemagne

Alors que la libéralisation du courrier est totale en Allemagne depuis le 1er janvier 2008, l’accord introduisant un salaire minimum est vécu comme un coup de poignard par les entreprises qui entendaient s’attaquer au monopole de la Deutsche Post en rémunérant leurs salariés au lance-pierres.

Des droits sociaux élevés constituent la meilleure garantie des salariés contre leur mise en concurrence. C’est ce que vient démontrer une nouvelle fois l’accord conclu entre le syndicat allemand des services ver.di et des employeurs de la branche du courrier, dont la Deutsche Post, instaurant un salaire minimum pour les facteurs.

L’accord pour lequel le gouvernement a donné son feu vert prévoit une rémunération plancher pour les facteurs de 8 à 9.80€ de l’heure.

Les principaux concurrents de la Deutsche Post, Pin Group AG détenu par le puissant éditeur Axel Springer et la filiale allemande du groupe hollandais TNT, qui lorgnaient sur le marché du courrier, désormais totalement ouvert à la concurrence, ont vivement réagi. Ces entreprises comptaient tirer avantage des bas salaires qu’elles versent à leurs employés, en moyenne 7.33€ de l’ heure, pour venir tailler des croupières à l’ancien monopole d’ Etat.

D’après la fédération patronale qui les représente, 20 000 emplois seraient menacés par l’application du salaire minimum. Un chantage que n’accepte pas la confédération syndicale DGB qui rappelle que les salaires servis aux distributeurs de courrier par la Deutsche Post sont entre 25 et 42% supérieurs aux minima fixés.