Salaires FT : Le PDG en profite, les salariés se privent !

En mai fait ce qu’il te plait ! C’est sans doute ce que se sont dit les patrons du CAC 40, en élargissant cet adage à l’année complète : ils ont augmenté leur revenu de 57,8 % en 2007, en s’octroyant allègrement 161 millions d’euros.

Ils se sont donnés (en moyenne) +5% de salaires de base, +5% pour les bonus +6% pour les jetons de présence +52% de dividendes et +351% de stock-options !

Didier Lombard, PDG de France Télécom fait bien entendu partie de ces heureux gagnants, et se serait offert une progression de son salaire de 10% (1.63 millions d’Euros) et 140 000 Stock Options !

Où est la modération salariale prônée par le même vis-à-vis de ses salariés ? Le dernier accord salarial à FTSA, que la CGT a seule refusé de signer, prévoit une hausse moyenne de 3% pour ceux qui en bénéficieront après avis du manager, on sait ce que cela veut dire ! Pire, pour les fonctionnaires, exclus de l’accord salarial, l’augmentation de la Fonction Publique a été annihilée par l’augmentation de l’assiette de cotisations sur la retraite additionnelle, au final le +0,5% se transforme en moins de salaire en fin de mois ! On est loin des deux chiffres de notre président ! Et pourtant cette injustice flagrante n’a pas empêché certaines organisations syndicales d’apposer leur paraphe, avalisant ainsi la politique de paupérisation du personnel.

Au-delà du salaire faramineux de notre président, l’entreprise a les moyens d’augmenter les rémunérations des salariés. En 2007, les « charges » de personnel (salaires direct et indirect) représentent 16,6% du chiffre d’affaires. Notons qu’à British Telecom, elles représentent 25,8% et à Deutsche Telekom 21,4%. Ce n’est donc pas par rapport à la concurrence que France Télécom refuse d’augmenter les salaires, mais pour rémunérer toujours plus les actionnaires et les banques. Ce sont 2 500 millions d’€ (4,8% du chiffre d’affaires) pour les banques et 2 800 millions d’€ (5,3%) pour les actionnaires. Et la politique d’achat externe va encore augmenter entraînant l’augmentation des frais financiers, à l’instar de la politique suicidaire d’augmentation des dividendes sans que cela ait une quelconque influence sur le cours de l’action…

En pratiquant cette politique de blocage des salaires, de suppressions d’emplois et de transfert d’activités vers des pays à exploitation forcenée, France Télécom, à l’instar des autres groupes du CAC 40, alimente le ralentissement économique national et contribue délibérément aux déficits de la Sécurité Sociale et des caisses de retraites.

A France Télécom, comme ailleurs, la CGT affirme haut et fort que la question d’une autre répartition des richesses en faveur des salariés qui, chaque jour, sont à l’origine des richesses des entreprises, est plus que jamais posée pour relancer efficacement l’emploi et la consommation. Aujourd’hui France Télécom ne peut plus utiliser l’argument usé de la concurrence, ni celui « des caisses vides ».

C’est donc par pure idéologie que France Télécom poursuit dans cette voie appauvrissant le plus grand nombre et enrichissant quelques uns. Les nombreuses luttes en cours montrent que le mécontentement est général et que les salariés de France Télécom qui se sont inscrits massivement dans les journées d’action ne veulent pas en rester là.

Pour la CGT, c’est le salaire mensuel qui doit être augmenté de façon substantielle et non les rémunérations managériales. Il en va de la justice sociale.

Les salariés du groupe France Télécom ont toutes les raisons de prendre leur place dans la nouvelle journée d’action interprofessionnelle du 17 Juin proposée par la CGT et la CFDT, rejointes d’ores et déjà par Solidaires pour la défense du temps de travail, des retraites et pour l’ensemble des revendications et de décider localement d’initiatives pour faire entendre leur spécificité comme le font leurs collègues de la SNCF, de l’Education, des Impôts, EADS. etc

Laisser un commentaire